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Près de Loudéac, l’ambitieuse ferme de microalgues LLDC Algae veut enfin se développer

Article publié dans Ouest France, le 17 novembre 2020, par Pierre-Alexandre GOUYETTE.


Le 20 octobre 2020, la cour administrative d’appel de Nantes a débouté l’association Eau et rivières, qui contestait l’installation de la société Algae à Plouguenast (Côtes-d’Armor). Passé ce dernier épisode judiciaire, l’ambitieuse entreprise compte désormais développer sur son site agro-alimentaire la culture des microalgues, la méthanisation et le lombricompostage, avec des embauches et des millions d’euros d’investissements à la clef.

René-Jean Guillard, dirigeant de LLDC Algae, allie à Plouguenast (Côtes-d’Armor) microalgues, méthanisation et lombricompostage. | OUEST-FRANCE

L’ambitieux projet de ferme de microalgues va-t-il enfin décoller à Plouguenast-Langast (Côtes-d’Armor) ? C’est en tout cas le souhait de son dirigeant, René-Jean Guillard. Empêtrée depuis de nombreuses années dans plusieurs affaires judiciaires, la société LLDC Algae voit peut-être le bout du tunnel.

Le 20 octobre 2020, la cour administrative d’appel de Nantes a débouté l’association Eau et rivières de Bretagne, qui contestait l’exploitation du site la Lande-du-Cran, en raison de la destruction de zones humides.

«C’est une décision logique. Nous avons présenté un système de compensation de 400 % par rapport aux 1 700 m² de zones humides détruites. Je n’ai jamais compris cet acharnement », regrette le directeur général, qui estime avoir perdudeux millions d’euros à cause des poursuites.

« Il est temps que l’histoire commence »

Pour cet industriel passé par la Chine, « il est temps que l’histoire commence » pour ce projet initié en 2012. En fer de lance, on retrouve toujours la culture de la chlorelle.

Cette microalgue « vivante et fraîche » est censée «supplémenter les eaux de boissons d’élevages et apporter une multitude de vitamines et d’acides aminés. Ses bienfaits permettront par exemple à une poule pondeuse de produire des œufs plus longtemps. »

René-Jean Guillard, directeur général de LLDC Algae basée à Plouguesnast (Côtes-d’Armor), compte développer le lombricompostage, engrais vert issu de la pratique du lombricompostage, riche en humus. | OUEST-FRANCE

Avec l’autorisation de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), Algae expérimente également la chlorelle comme traitement sur des cultures de pommes de terre.

« Elle est capable de réduire l’action de centaines de pathogènes de manière drastique, comme le Mildiou », expose l’entrepreneur, qui a toujours pour ambition de diriger « la plus grande ferme de microalgues d’Europe ».

« Nous exploitons réellement la chlorelle depuis un an, nous ne sommes qu’à 10 % de nos capacités », complète René-Jean Guillard.

Une petite trentaine d’embauches envisagée

Dans le projet d’Algae, il n’y a pas que les microalgues. On retrouve aussi la méthanisation, dont l’électricité servira aux tubes de culture de la chlorelle.

Trois méthaniseurs, dont un de 13 000 m³ qui entrera en action d’ici la fin de l’année, accueilleront les effluents de 25 agriculteurs dans un premier temps.« À terme, notre unité permettra de supprimer 5 000 hectares d’épandage autour de Plouguenast »,ambitionne le directeur général.

Le méthaniseur d’une capacité de 13 000 m3 pourrait entrer en service d’ici la fin d’année sur le site d’Algae, à Plouguenast (Côtes-d’Armor). | OUEST-FRANCE

Enfin, dernière branche d’un triptyque présenté comme « autonome et vertueux », la société entend développer le lombricompostage. Avec le fruit de la digestion des déchets organiques par les vers de terre, Algae compte produire « 30 000 tonnes d’humus» par an destinées aux terres agricoles.

René-Jean Guillard espère que le site tournera à plein régime d’ici fin 2021. Une petite trentaine d’embauches est annoncée, pour porter les effectifs à 48.

Une vingtaine de millions d’euros d’investissements devraient s’ajouter aux quinze millions déjà dépensés. « L’industrie peut être au service de l’environnement. Ce sont deux termes qui ne sont pas antinomiques chez nous », conclut le dirigeant.

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