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Une ferme de 32 ha dédiée aux micro-algues en construction

 

Article publié sur La France agricole, le 01er Août 2018


Ce sera, selon le porteur de projet, la plus grande ferme de micro-algues d’Europe : 32 hectares en cours de construction à Plouguenast (Côtes-d’Armor), une petite commune de près de 2 000 habitants.

LDC Algae envisage d’y produire par an près de 7 800 tonnes de micro-algues, de la chlorelle, à destination des industries cosmétique, pharmaceutique et alimentaire. Ce projet à 30 millions d’euros est né dans la tête de René-Jean Guillard. Ce Nantais d’origine est responsable en recherche et développement (R & D) depuis 2004 pour Skyworld China qui possède, entre autres, un centre de R & D en cosmétique instrumentale.

Pour remplacer l’huile de palme

« En 2010, L’Oréal nous a demandé de trouver une solution pour réduire l’huile de palme de la cosmétique, se souvient-il. Les micro-algues étaient la candidate idéale. » Mais cette solution n’était à l’époque pas concurrentielle par rapport à l’huile de palme. En 2012, l’idée d’une grande ferme de micro-algues prend alors forme.

Skyworld China et Expanoleo Mexico, les deux porteurs de projet, décident de l’installer en Bretagne car la région dispose d’une ressource indispensable au développement du projet : les effluents d’élevages. « Une cinquantaine d’éleveurs sont prêts à travailler avec nous dans un rayon de 15 km à la ronde », assure René-Jean Guillard.

De ces effluents, LDC Algae veut « tout valoriser ». La méthanisation va produire l’électricité et la chaleur qui vont permettre le développement dans des tubes des micro-algues. Ces dernières seront alimentées par des nutriments obtenus grâce à une fraction liquide filtrée et « hygiénisée » de digestat issu de la méthanisation, et de dioxyde de carbone, capté à la sortie des co-générateurs.

« On récolte tous les jours. On sépare les micro-algues de l’eau pour faire un concentré. L’eau repart ensuite dans les tubes », explique René-Jean Guillard. Les micro-algues sont ensuite destinées en majorité à la nutrition animale. Pour parvenir au zéro déchet, le résidu solide du digestat issu de la méthanisation servira à la fabrication d’un lombricompost utilisable en agriculture biologique.

Si la production n’a pas encore commencé à Plouguenast, LDC Algae a mis en place dès 2014 un pilote industriel à Trévé, une commune voisine. À plein régime, la ferme de Plouguenast devrait embaucher 40 personnes. « C’est un minimum, souligne René-Jean Guillard. C’est sans compter tous les produits annexes liés à l’activité. »

Deux ans de retard

Le projet de Plouguenast a déjà presque deux ans de retard. Prévues fin 2016, les premières livraisons de lisier arriveront entre août et septembre 2018. La production devrait commencer d’ici la fin de l’année. À l’origine de ce retard, l’attente pour obtenir les autorisations mais aussi « des opposants de la première heure ».

Parmi eux, l’association Eau et rivières de Bretagne affirme que la ferme a été construite sur 12 hectares de zones humides. Dans son étude d’impact, LDC Algae a comptabilisé 1,2 hectare de zones humides. René-Jean Guillard assure que seuls « 1 300 m2 de zones humides ont été détruites » mais qu’elles seront compensées par la création de 7 000 m2 de zones humides sur le même bassin-versant.

« Le commissaire enquêteur avait souhaité une contre-expertise pour avoir un troisième avis avec des compléments d’études réalisés sur le terrain », précise Eau et rivières. Mais les travaux ayant commencé, « ce n’est plus possible de savoir combien il y a de zones humides. C’est parole contre parole », regrette l’association qui a porté plainte en 2015 pour faire annuler l’autorisation d’exploiter.

 

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